Retour  la naissance de Yoko Tsuno

 
1 - Le Trio de l'étrange

2 - L'Orgue du diable
 
3 - La Forge de Vulcain
 
4 - Aventures électroniques
 
5 - Message pour l'éternité
 
6 - Les Trois soleils de Vinéa
 
7 - La Frontière de la vie
 
8 - Les Titans
 
9 - La Fille du vent
 
10 - La Lumière d'Ixo
 
11 - La Spirale du temps
 
12 - La Proie et l'ombre
 
13 - Les Archanges de Vinéa
 
14 - Le Feu de Wotan
 
15 - Le Canon de Kra
 
16 - Le Dragon de Hong Kong
 
17 - Le Matin du monde
 
18 - Les Exilés de Kifa
 
19 - L'Or du Rhin
 
20 - L'Astrologue de Bruges
 
21 - La Porte des âmes
 

Couverture de l'album
Leloup revient aux Vinéens avec Les Exilés de Kifa, publié dans les numéros 2736 à 2760 de SPIROU, du 19 septembre 1990 au 3 mars 1991. Pour ses vingt ans dans l'hebdomadaire, Yoko repart dans l'espace avec ses compagnons, Vic, Pol et Khany, ainsi que la petite Rosée qui copinera vite avec le petit robot pensant Myna.
"— On évoquait à l'époque un projet de dessin animé. Cela impliquait d'introduire des personnages de merchandising adaptables en peluches et jouets divers. J'ai composé le personnage de Myna en deux petites heures et les responsables étaient emballés. La même semaine, ils en ont fait des essais d'animation et je la voyais bouger! Ils auraient même établi la production sur le personnage, en le multipliant pour devenir “les Mynas” ! Ce que je voulais en fait, c'était une sorte de Jiminy Cricket mécanique, une petite conscience que l'on donne aux enfants de Vinéa pour dire ce qu'ils peuvent faire ou non. Une mini-nurse surveillant leur liberté en veillant à ce que tout marche bien. Son rôle est plus complémentaire que principal.
 
Dans cet épisode, je l'ai présentée et je pense la faire revenir plus tard, car elle peut s'infiltrer partout et réaliser beaucoup de choses impossibles aux humains. Myna se jette d'ailleurs devant Yoko et lui sauve la vie. Ce qui transforme leurs rapports. Où s'arrête finalement une mécanique pensante et où commence la conscience qui définit l'être? Dans l'histoire, Myna est bien plus qu'un robot jouet, car elle développe des sentiments."
Comme beaucoup de mirages apparus dans le monde du dessin animé moderne, la production d'une série Yoko ne s'est pas concrétisée à ce jour. Il faut probablement s'en féliciter, car ce débouché est souvent aux œuvres adaptées ce que représente le “digest” au roman, avec la circonstance aggravante qu'il simplifie souvent à outrance le style graphique et la narration initiale. Le succès des Schtroumpfs est contagieux et une armée de Mynas aurait risqué d'éclipser les éléments majeurs de la saga au profit de petites animations banales.

Leloup a la sagesse de ne pas trop espérer dans ce domaine. Tandis que l'initiative tourne court, il caresse un grand projet dont la réalisation semble impossible à ses yeux en bande dessinée : raconter l'enfance de Yoko. Un récit sensible, émouvant, plein d'atmosphère et d'anecdotes humaines, mais évidemment assez éloigné des grandes aventures vécues par la jeune femme.
"— Mon premier titre était La Perle bleue, mais je l'ai changé en L'Ecume de l'aube. C'est plus poétique et symbolique, avec l'idée de transparence de l'écume, sa fraïcheur, et l'évocation du début de la longue journée qu'est la vie pour un être. J'avais depuis longtemps l'envie d'évoquer la jeunesse de Yoko et de compléter la série par ce qu'il lui manquait : les souvenirs de ce que Yoko avait vécu avant de s'établir en Europe. La situation avait changé chez Dupuis où l'on ne voyait plus d'inconvénient à un roman du personnage ailleurs. Après tout, c'était une forme de publicité mutuelle et c'est ainsi que j'ai écrit mon second livre parce que je tenais énormément à cette idée. Si je l'avais fait d'abord, je n'aurais peut-être jamais écrit Le Pic des ténèbres !

Couverture du second roman: "l'écume de l'aube", racontant l'enfance de Yoko.
 
On a donc eu finalement deux romans au lieu d'un seul, et j'ai pu me roder sur le premier, avant d'attaquer celui qui me paraissait indispensable. Evoquer les états d'âme et les pensées secrètes de la jeune Yoko me faisait plonger dans un bol de tendresse. La bande dessinée montre essentiellement le mouvement vu de l'extérieur, tandis que je voulais intérioriser les sentiments de Yoko, exposer les petits faits de sa formation, aller au fond des choses sans devoir sacrifier aux anecdotes comiques."