Retour  la naissance de Yoko Tsuno

 
1 - Le Trio de l'étrange

2 - L'Orgue du diable
 
3 - La Forge de Vulcain
 
4 - Aventures électroniques
 
5 - Message pour l'éternité
 
6 - Les Trois soleils de Vinéa
 
7 - La Frontière de la vie
 
8 - Les Titans
 
9 - La Fille du vent
 
10 - La Lumière d'Ixo
 
11 - La Spirale du temps
 
12 - La Proie et l'ombre
 
13 - Les Archanges de Vinéa
 
14 - Le Feu de Wotan
 
15 - Le Canon de Kra
 
16 - Le Dragon de Hong Kong
 
17 - Le Matin du monde
 
18 - Les Exilés de Kifa
 
19 - L'Or du Rhin
 
20 - L'Astrologue de Bruges
 
21 - La Porte des âmes
 


Couverture du Spirou 1882,
du 9 mai 1974 annonçant le retour de Yoko
dans :"Message pour l'éternité"
Avec Message pour l'éternité (SPIROU 1882 à 1905, du 9 mai au 17 octobre 1974), Leloup engage Yoko dans une sorte d'opération commando où elle est chargée de récupérer des documents secrets, perdus le 17 novembre 1933 lors de la disparition d'un avion de transport au fond d'un cratère situé sur la frontière commune de la Chine, de la Russie et de l'Afghanistan. (Petit clin d'œil d'auteur : cette date fort précise est également celle de sa naissance!)

L'idée de base est, à son habitude, brillante, originale et parfaitement plausible. En prime, le dessinateur s'offre discrètement un grand plaisir personnel.

oko se montre une fois de plus la digne fille de son père spirituel. On la savait déjà habile pilote de moto, elle joint désormais planeur et avion à sa panoplie. Roger Leloup est lui aussi un passionné de belle mécanique, même si, avec le temps, ce n'est plus guère qu'à sa table à dessiner qu'il puisse satisfaire son goût pour les engins extraordinaires.

 
"—Il faut toujours que je sache comment cela marche, que ce soit une montre, un moteur ou une machine qui fauche le blé! Quand j'étais jeune, j'adorais les moto-cross et j'observais les terrains d'aviation. J'avais six ans quand la guerre a éclaté et j'ai été assez marqué par le matériel utilisé. J'habitais à Verviers, près de la frontière allemande, et je pouvais assister aux combats aériens. J'étais vraiment un amateur d'avions dont je connaissais tous les modèles et même les escadrilles. C'était un jeu, bien sûr, et je ne me rendais pas encore compte de ce que cela représentait vraiment. Vers la fin de la guerre, j'ai connu l'arrivée des Américains. Plutôt que d'aller au catéchisme, je courais voir leurs tanks. D'ailleurs, quand j'ai fait mon service militaire où je suis devenu “chef de char”, j'en connaissais presque autant que l'instructeur sur l'anatomie de ces engins... A côté de la mécanique, je faisais de la petite aviation.

J'ai toujours été bricoleur, j'avais des planeurs téléguidés et je fabriquais moi-même mes modèles réduits. J'ai été deux fois champion de Belgique dans ma catégorie. J'ai aussi volé dans des clubs d'amateurs sur de petits appareils. Aussi, dès que j'ai commencé à travailler sur Yoko, l'exutoire a été total. Tout ce que je faisais en modélisme ou imaginais sur le plan mécanique est passé dans mon dessin."

Leloup montrant un de ses modèles à de jeunes admirateurs. Ce goût pour les belles mécaniques s'exprimera ensuite dans son oeuvre
 
Même s'il n'a plus le temps et le goût de voler lui-même, Leloup continue à se documenter sur tout ce qui le passionne. Il a rassemblé par ailleurs une extraordinaire collection de trains électriques miniatures roulant sur des dizaines de mètres de voies dans les diverses pièces de son atelier.

On peut y voir circuler les répliques des trains les plus célèbres reconstitués avec minutie ou d'immenses convois de wagons de marchandises, propulsés à l'américaine par six robustes locomotives miniaturisées. Par beau temps, ce réseau est même étendu à travers son jardin. Cette collection en constant développement le détend après une séquence particulièrement délicate à dessiner. Un hobby fort utile : il y trouvera plusieurs fois matière à enrichir ses récits de mécaniques dessinées avec une précision totale. Les passions secrètes de l'homme se glissent toujours dans l'œuvre de l'artiste.


Couverture de l'album