À l'opposé de nombre d'auteurs qui mettent difficilement en scène les créatures du sexe dit faible ou se limitent à les caricaturer, Roger Leloup compose un univers de fiction où les femmes exercent souvent les rôles habituels de l'homme, mais avec leurs propres atouts et faiblesses. Il est frappant de voir combien les compagnons de Yoko — ou ses ennemis occasionnels — sont souvent effacés et discrets, tandis que le talent du narrateur-illustrateur évoque avec finesse et constance de jeunes et jolies interprètes de ses rêves de créateur. Leur présence illumine des décors techniques qui seraient bien froids sans elles.
Le succès des épisodes “vinéens” repose pour beaucoup sur le dépaysement que cette société offre par rapport à la nôtre... Mais Vic et Pol ont leur rôle même s'ils semblent parfois être de simples figurants. S'ils disparaissaient, Yoko perdrait ses faire-valoir et le contraste fille-garçon ne jouerait plus. Yoko est devenue le chef de bande et aussi, dans une certaine mesure, le chef de famille pour les autres personnages. Leur amitié apporte une note humaine indispensable dans un milieu si technique. Yoko agit souvent aussi en grande sœur de Poky et même de Pol, qui est resté un grand gosse et dont l'attitude comique permet de détendre l'atmosphère.

Le désir de se renouveler constamment l'incite toutefois à éviter d'exploiter le filon vinéen déjà prospecté dans six albums sur treize. Le retour sur terre se trouve programmé alors que Yoko devient le cœur et la reine de la cité des abysses. Quatre aventures vont se succéder sur notre bonne vieille planète bleue, l'occasion de retrouver de fidèles amies et de développer de nouveaux personnages. |
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