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Peu de critiques ont relevé que cet épisode était avant tout une lutte entre femmes où Yoko montre qu'elle peut, elle-aussi, commettre des fautes et se laisser parfois mener par la vanité. Une fois de plus, c'est une femme, Myrka, qui éclipse la plupart des hommes présents. Yoko n'hésite pas à la provoquer. Ces deux personnalités sont trop fortes pour ne pas s'affronter et délimiter de la sorte leur territoire, mais tout se joue essentiellement dans le dialogue, des réparties qui fusent dans un contexte graphique tellement spectaculaire que le lecteur en oublie presque la psychologie des personnages. Leloup fait la part belle aux femmes, et, juste retour des choses, ce sont celles-ci qui ressentent parfois le mieux les nuances psychologiques de ses récits.
La couleur joue également un rôle essentiel dans le dépaysement recherché par le dessinateur. Même s'il se fie pour l'appliquer à Béatrice, une des meilleures coloristes du studio Leonardo, ses indications portées sur calque superposé à la planche sont d'une précision méticuleuse et ne négligent aucun détail. Parmi les dessinateurs modernes, il est un de ceux qui visionnent le mieux dès le stade de la conception ce que donnera le résultat final
Jusqu'à ce dixième album, les Vinéens revenaient régulièrement dans un ouvrage sur deux. Cette alternance va désormais être rompue. En fait, ils n'apparaîtront plus que dans trois récits sur les douze suivants. Roger Leloup veut éviter de raconter toujours la même chose, l'univers de la série se renforce régulièrement d'éléments nouveaux et son imagination foisonnante l'incite à changer régulièrement de thème pour ouvrir de nouvelles pistes. L'une de celles-ci sera le voyage dans le temps.

Les admirateurs des extraterrestres à peau bleue en souffriront, certes, d'autant que nombre d'entre eux requièrent régulièrement des histoires évoquant les autres vaisseaux vinéens partis dans l'espace lors du cataclysme initial. Mais les bonnes idées mettent du temps à mûrir et, parfois, tombent de l'arbre en d'autres mains, car de nombreux scénaristes s'efforcent de défricher tous les terrains offerts par la science-fiction.
"— J'avais une suite à Ixo que je n'ai finalement jamais développée parce que le cinéma américain m'a devancé avec le film Alien, regrette Leloup. J'imaginais un vaisseau de l'espace dans laquelle une entité venait se loger et dévorait les éléments d'énergie les uns après les autres. En la suralimentant, les passagers arrivaient à la faire sauter avant de perdre le contrôle de l'engin. L'histoire du “huitième passager” était exactement ce que j'envisageais de faire avec Yoko. J'ai donc abandonné cette idée, car si je l'avais réalisée, on m'aurait accusé de plagiat !"
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Couverture de lancement dans le journal de Spirou en 1978 |
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